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Faut-il disposer autrement l’espace dans un habitat solidaire ?

Vivre dans un chez soi où certains espaces sont collectifs nécessite de penser autrement l’architecture intérieur de ce logement. En effet, certains beaux projets d’habitat solidaire ont malheureusement échoué car cette dimension architecturale n’avait pas été prise en compte.

Quelques Constats et informations de base

Les études sur le sujet sont encore fort peu nombreuses et c’est souvent par « essai-erreur » que l’on avance actuellement. Quelques éléments de compréhension de cette dimension spatiale :

  • La perception de l’environnement proche via nos sens. Nous percevons l’espace via nos capteurs naturels (yeux – oreilles – nez). Si nous percevons clairement ce qui nous entoure via nos yeux à 100M, nos oreilles vont plutôt se concentrer sur ce qui se trouve dans un rayon de 6M. Ainsi donc, des bruits dérangeant à moins de 6M vont perturber les rapports de bons voisinages. Il est important de penser les espaces de vie et les espaces privés en fonction de cela. L’odorat est un autre sens dont on sous-estime la fonction et la réalité « culturelle ». Si d’une part les odeurs créent des point de repères qui peuvent donner vie à un espace, elles ont aussi source de désagrément dont on est même pas capable d’identifier la cause tant elle est subconsciente. La place de la cuisine, l’aération y compris des lieux de transition, l’usage potentiel de déodorant, etc. sont autant de points d’attention lors du montage de projet.
  • La disposition des espaces privés. Desmond Morris ou E.T. Hall ont énormément réfléchi au lien entre l’espace et la culture. Pour le premier, il faudra identifier ce qui relève de la zone « publique », « sociale », « personnelle » et « intime », chaque zone étant circonscrite plus étroitement autour de la personne. Pour le second, la disposition spatiale des personnes va impliquer des relations différentes : le face à face va créer la confrontation – le côte à côte la collaboration entre pairs – en « coin » la coopération entre personnes pouvant avoir un statut différent. Sans entrer plus avant dans ces réflexions, il est évident qu’à la lecture de ces éléments, on ne peut pas disposer les pièces (dont les chambres) n’importe comment dans un espace donné.
  • La présence d’espaces sociofuges et d’espaces sociopètes. La question de la relation ou de la solidarité entre les personnes vivant au sein d’un même habitat groupé solidaire ne se décrète – malheureusement – pas, tout comme la participation. Or certains chercheurs ont pu identifier qu’il existait des espaces dits « sociofuges », qui maintiennent un cloisonnement entre les personnes et des espaces dits « sociopètes », qui vont favoriser la rencontre. Même s’il n’est pas aisé de savoir pourquoi tel espace provoque telle conséquence, il est important si l’on constate un problème d’appropriation dans un espace de ne pas hésiter à le transformer, même radicalement !
  • La fonction symbolique des espaces. L’UNHAJ en France qui accueille depuis des dizaines d’années des jeunes (habitats solidaires « jeunes »), attire notre attention sur un aspect important de la dimension spatiale, à savoir sa dimension symbolique face à sa dimension d’usage. Plus concrètement, la fonction d’usage renvoie à ce à quoi doit servir un espace (exemple : une chambre sert à dormir) tandis que la fonction symbolique montre que chaque espace doit être conçu de manière à remplir un rôle, une fonction pour le bien-être ou la cohésion du groupe. Selon cette association française, il y aurait 3 fonctions symboliques dans un habitat solidaire : les lieux de transition et de passage – les lieux de socialisation – les lieux d’expérimentation.

A défaut d’une théorie définitive sur le sujet, voici

Quelques conseils issus de la pratique

  • Penser que le rapport au territoire est personnel, culturel et dépend de l’âge (attention lors de projets intergénérationnels, les besoins de territoire sont différents !) Il faut que la disposition des lieux respecte les territoires de chacun.
  • La relation au territoire peut dépendre d’un parcours résidentiel personnel. La relation à l’espace est souvent différente après un passage à la rue ou dans une institution. Ceci n’est pas à sous-estimer dans les projets avec des personnes en grande précarité.
  • La violence de certains habitants peut provenir d’un mal aise face à leurs besoins de territoire. Cette notion de territoire étant très « primitive », exprimer verbalement le problème n’est aisé pour personne ! Lors d’un accompagnement social collectif, ne pas minimiser cette cause de mal être.
  • Préférer une disposition des logements ou chambres qui favorise la coopération ou la collaboration des habitants. Eviter dès lors si possible les paliers en vis-à-vis, éviter des dispositions trop rectilignes (cfr ci-dessus E.T. Hall)
  • Penser à l’importance d’une table dans un espace collectif : la table doit permettre de symboliser la capacité du groupe à pouvoir discuter, débattre, même en cas de conflits. de plus, on constate qu’une table ne doit jamais être « collée » au mur ou bloquée d’une quelconque manière. Il est important de pouvoir faire le tour d’une table pour se sentir bien !
  • Ne pas sous-estimer l’importance de l’accueil, de l’entrée de l’habitat solidaire : « l’acte de passer un seuil doit instaurer la transition d’une monde hostile à un monde hospitalier. L’entrée doit être protectrice et sécurisante. Il n’y a pas de valorisation de l’entrée par des portes en verre » (UNHAJ)
  • Penser les espaces de vie collective pour qu’ils soient sociopètes : « ils seront de nature à multiplier les occasions de créer du lien entre les résidents » (UNHAJ)
  • Penser à la circulation entre les parties communes : « Espaces sobres – parfois non-lieu – cheminement – plurifonctionnel – lisibilité de la fonction – passage progressif du collectif au privatif – … » (UNHAJ)
  • Prévoir des espaces de champ de vision permet de se sentir mieux dans un espace, même confiné. L’échappée visuelle permet de se développer, de s’échapper, de se (re)construire plus facilement. (cfr architecte Hans van der Laan)