L’architecture : rôles et choix de l’architecte

Le 04 juillet 2017

Les futurs voisins se repèrent mutuellement sur les plans (projet CLTB Arc en Ciel)

Quand et comment choisir un architecte ? Faut-il un ou plusieurs architectes ? Si chaque habitant d’un habitat groupé choisit “son architecte”, faut-il payer un architecte qui coordonne tous les architectes ? Jusqu’où un architecte est-il à même de « coacher » les dynamiques du groupe ? Comment le rétribuer ?

 

Comment choisir un architecte ?

 

Plusieurs manières existent : le bouche à oreille, visiter une série d’habitats groupés dans la région ou un peu plus loin (voir la cartographie en ligne des habitats groupés et solidaires bruxellois), contacter des acteurs relais (ordre des architectes, l’association des architectes bruxellois ARIB, voire le bouwmeester si le projet atteint une certaine taille et impact en terme de paysage et d’acteurs mobilisés ,…).

Dans tous les cas il est bon de prendre le temps d’identifier vos critères de choix de l’architecte à chacun et au groupe, par exemple l’expérience en habitat et en habitat groupé / solidaire, l’esthétique, le développement durable, la proximité, la qualité du contact que vous avez avec lui, votre vision de l’habitat groupé rêvé qui peut être un collage d’une série de bâtiments existants, etc.

Ensuite, organisez une rencontre avec les habitants afin de leur poser toutes les questions à propos de l’architecte, de sa personnalité, de sa rigueur, de sa capacité d’écoute, des difficultés rencontrées,…

Une autre méthode consiste à mettre en concurrence des architectes sélectionnés sur base d’une esquisse. Il est important ici d’être clairs avec les architectes sur l’(absence de) rémunération de leur travail que vous entendez leur accorder.

A chacun de trouver son architecte « idéal », homme-orchestre aux multiples facettes situé quelque part entre le « technicien » le « rêveur », le « bon communicateur » et la « personne de confiance ». Si aucun architecte n’est idéal, il est important d’être au clair avec ce que l’on attend de lui.

 

  • Un « technicien »

…qui oeuvre pour une rationalisation des coûts est rassurant de par son argumentaire.

Attention ses propositions auront tendance à être plus conventionnelles et donc pas forcément adaptées aux besoins des groupes, de la vie en collectivité.

  • Un « rêveur »

Par sa créativité, son audace, il proposera peut-être une architecture plus travaillée, compréhensive, esthétique,…

Attention à la rationalité du projet, à l’économie et au fait qu’un projet doit être accepté par les autorités communales et/ou régionales.

  • Un bon communicateur.

Plus que dans les projets « classiques », l’architecte devra être un bon communicateur et avoir une capacité d’écoute envers le groupe et son projet et d’assertivité envers les autorités. Il doit posséder une capacité à exprimer et à défendre les intérêts du groupe auprès des instances urbanistiques (architecte fonctionnaire, échevin de l’urbanisme, fonctionnaire délégué, entrepreneurs,…). Cette capacité est primordiale car certains groupes se sont écroulés devant la difficulté à faire passer le projet architectural. Certes, il est indispensable de démontrer la qualité architecturale du projet mais il l’est tout autant de pouvoir conjointement expliquer les tenants et les aboutissants du projet. Trop peu de services urbanismes communaux connaissent le concept d’habitat groupé et une phase de sensibilisation, d’éducation voir de formation est nécessaire afin de démystifier l’habitat groupé.

En outre, l’architecte peut en fonction des cas jouer le rôle de d’animateur, de médiateur, …voire de psychanalyste pour un groupe en danger !

Attention il est préférable de clarifier autant que possible tous ces rôlesen amont.

Les rendez-vous avec l’architecte alimentent la dynamique de groupe : de nombreux groupes, lorsqu’ils ont choisi l’architecte ont l’impression de rentrer concrètement dans l’action et de quitter les limbes de la réflexion pure.

  • Une personne de confiance

L’architecte sera une personne de confiance pour l’ensemble des habitants. Il est important que le courant passe. La relation architecte-« client » sera plus intense que dans une construction individuelle, vu toute l’importance de la force du groupe, la spécificité du projet, l’écoute des besoins de chacun.

Rôles de l’architecte d’un habitat groupé/solidaire 

 

Faut-il un ou plusieurs architectes ? Si chaque habitant d’un habitat groupé choisit “son architecte”, faut-il payer un architecte qui coordonne tous les architectes ? Jusqu’où un architecte est-il à même de « coacher » les dynamiques du groupe ?

Dans un projet d’habitat groupé /solidaire, on prend en général un seul architecte pour dessiner l’ensemble du projet, quitte à ce que les parties intérieures de chaque unité soient gérées par chaque habitant indépendamment.

Comme dans tous les projets d’architecture, l’architecte transcrit en espaces des besoins, désirs et contraintes.

Cependant, dans un projet groupant divers habitants propriétaires qui ne sont pas accompagnés dans leur dynamique de groupe, le nombre d’interlocuteurs se multiplie face à l’architecte, qui en verra sa mission considérablement complexifiée. En fonction des cas il pourra être amené à gérer un groupe de ménages avec chacun leurs envies et attentes différentes voire conflictuelles et non celles d’un seul ménage ou interlocuteur, et même à adopter un rôle de médiateur. Ceci signifie que sa mission peut lui demander de sortir du cadre classique de ses missions avec plus de temps de travail et que les parties prenantes doivent en être conscientes au moment de la signature du contrat d’architecture. Même s’il arrive souvent que l’architecte qui prend en charge ce genre de projet, ne le fasse pas dans un but lucratif, et qu’à ce titre le temps passé avec le groupe et les familles de manière individuelle n’est pas compté comme poste supplémentaire dans ses honoraires.

 

Dialogue avec les instances d’urbanisme 

 

Vu les spécificités du projet, l’architecte a un rôle important dans la négociation auprès des autorités.

Il pourra par exemple organiser une réunion d’information avant d’introduire le permis avec l’architecte, l’échevin en charge de l’urbanisme et les futurs voisins autour un petit drink, et avec une présentation du projet par les habitants et l’architecte ainsi qu’une séance de questions – réponses. Ceci permettra d’établir un dialogue sur des faits et non sur des rumeurs, avec un effet bénéfique tout au long du processus.

 

Cas particulier : que se passe-t-il lorsque l’architecte fait partie du groupe ?

 

Il devient juge et partie. De deux choses l’une : soit il se retire de la plupart des processus décisionnels pour éviter d’être pris à parti, soit au contraire il renforce son rôle de médiateur, de leader, … en connaissance de cause. Le danger est de voir, et c’est encore plus vrai lorsque l’architecte est à la base du projet, celui-ci étiqueté d’expert imposant, voire désigné responsable du premier problème survenant.

Last but not least : (vous l’aurez compris) l’architecte doit être convaincu lui-même du bien fondé de ce type de projet.


 

Le 04 juillet 2017

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