L’architecture : trucs et astuces pour une architecture conviviale

Le 04 juillet 2017

La présente fiche s’attardera sur les choix architecturaux une fois la convention signée avec l’auteur de projet, et en particulier les trucs et astuces pour qu’une architecture soit conviviale et réponde aux besoins des habitants et au contexte social d’un quartier, suite à l’atelier participatif du 24 mars avec Gilles Debrun. L’atelier fut abondamment illustré d’exemples de projets menés par des coopératives en Suisse -Kraftwerk I et II ainsi que Kalkbreite, et à Bruxelles.

L’expérience suisse, teintée de valeurs collectives fortes, sans être transposable telle quelle, n’en reste pas moins très inspirante et riche en astuces architecturales.

 

L’ouverture au quartier

 

Mettre tant en commun sous le même toit peut aussi poser la question de l’ouverture au quartier. L’architecture est comme une carte de visite du projet face au quartier, aux passants, elle pourra transmettre à long terme, consciemment ou non une image allant de l’ouverture accueillante à celle d’une communauté ‘entre soi’ où il fait bon vivre mais relativement repliée sur elle-même. L’on peut donc décider lorsque possible de traduire par l’architecture un degré d’ouverture : grand porche d’entrée, cour traversante, petit commerce invitant le passant…

Dans un quartier urbain et dense, ces questions amènent celles du contrôle social des entrées et sorties autorisées par l’architecture. Ce contrôle social peut être facilité par le bâti, par exemple grâce aux percées visuelles, en mutipliant les occasions de rencontre conviviale entre voisins, en ajoutant un petit commerce ou une association et en évitant les espaces peu définis et peu visibles.

Par exemple, l’habitat Brutopia dispose d’un centre de services pour personnes âgées et d’une Maison de l’Energie, tous deux ouverts aux habitants du quartier. L’ouverture au quartier du projet Biloba se traduit davantage par une grande dynamique sociale encouragée par les divers porteurs de projets. L’architecture de la façade à rue y était existante.

Jardins du Béguinage à Etterbeek (source www.habitat-groupe.be)

Maison Biloba à Schaerbeek

A Kalkbreite, même si le projet semble être une réussite à beaucoup d’égards et en matière de mixité sociale -les habitants représenteraient un échantillon respectant le profil socio-économique de la population de Zurich, avec notamment des personnes en situation de précarité, des migrants, des personnes âgées…, l’ouverture au quartier aurait pu être encore plus accentuée dans l’architecture, notamment en ouvrant un deuxième accès depuis le quartier vers la cour commune, qui sinon fonctionne en ‘cul de sac’ depuis la rue. Le bâtiment, vu de l’extérieur, semble à première vue assez lisse et fermé.

Kalkbreite en Suisse, vu de l’extérieur (source www.architectural-review.com)

Kalkbreite en Suisse vu de l’intérieur (source www.pinterest.com)

Kalkbreite en Suisse, vu de l’extérieur (source www.architectural-review.com)

 

 

 

Atelier collectif jardinage en façade avant du projet l’Espoir à Molenbeek (source http://espoirmolenbeek.blogspot.be – photo Bart Dewaele)

L’échelle « idéale» d’un bâtiment d’habitats groupés

 

Il n’est pas possible de tomber tous d’accord sur un nombre idéal d’unités à joindre. Kalkbreite regroupe 88 logements pour 250 habitants, tout comme les woongroepen aux Pays-Bas accueillent jusqu’à plusieurs centaines de personnes. Cela présente peut-être l’avantage de réduire la pression sur les habitants sur leur participation à la vie collective : à Kalkbreite, si certains n’y participent pas temporairement ou plus longtemps, il y a toujours un ‘noyau dur’ plus actif parmi eux.

Une telle quantité n’est cependant pas souhaitée par tous, dépend d’une série de facteurs, dont le groupe lui-même et le quartier.

 

La transition entre espaces publics et privés

 

Publics, privés, collectifs, intimes : assurer déjà dans l’architecture une transition douce entre ces espaces s’enfilant depuis la rue permettra d’éviter ainsi peut-être une façade trop abrupte ou la pose de grilles. Il peut aussi s’agir de l’ajout de mobilier extérieur ou d’élargir une entrée ou une circulation, ou d’articuler les espaces communs judicieusement à la rue et aux espaces privés.

Dans les habitats groupés Kraftwerk 1 et 2 à Zurich, la mise en commun va loin et des appartements collectifs sont proposés, sur lesquels donnent des studios et chambres privés. Le bâtiment ayant été construit à neuf,  les lieux s’enfilent ainsi clairement et graduellement du public, au collectif, au plus privé.

Répartition des espaces du collectif au privé, Kraftwerk 2 à Zurich (source ieplcoatesstudio.weebly.com)

L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

 

Comment permettre, dans les détails, l’accessibilité à ces personnes et doit-on la prévoir dans toutes les unités et tous les espaces communs ? Comment garantir à long terme la qualité de l’ouverture aux passants du quartier ? Aménager une rampe ou des accès demande plus d’espaces, et ceux-ci sont à intégrer d’emblée dans le projet. Les besoins sont donc à définir avant de démarrer l’étude de faisabilité d’architecture. Lors d’une rénovation d’un bâtiment existant, il sera peut-être plus difficile de jongler avec les contraintes existantes.

 

L’intimité et la proximité

 

Quelle proximité souhaiter et entre quoi ou qui? Dans le projet Brutopia, la question de la proximité différente des étages avec le jardin au rez a été soulevée en atelier, les balcons du 1er semblant plus à même de favoriser des échanges informels entre voisins et occupants des jardins que ceux, plus éloignés, des étages supérieurs. Comment orienter les vues des appartements, balcons, terrasses ? Est-il préférable de les regrouper, ou encore de les orienter tous vers la même direction ?

Brutopia : quelle relations aménager entre chaque étage et le jardin ? (photo Tim van de Velde)

Une architecture riche proposera la convivialité sans nécessairement l’imposer, en multipliant et variant idéalement les petites ‘excroissances’ où s’asseoir le long des circulations, en les élargissant par endroits, à l’abri ou non de la pluie, et en proposant divers trajets possibles aux usagers, l’un permettant plus de rencontres, l’autre plus d’intimité. En proposant en plus des espaces communs, des kitchenettes et autres espaces d’appoints tout à fait privés, pour laisser le choix, en fonction des humeurs, de se joindre ou non au groupe.

 

L’ajout de petits équipements

 

Cour commune, cafétéria, café, resto collectif, concept de ‘rue intérieure et extérieure qui mène à toutes les unités et les traverse même (ex Kalkbreite), bibliothèque rassemblant les livres des habitants, box polivalents pour des ateliers couture et/ou créatifs etc, sauna, potager accessible aux PMR, laverie commune, banc, plante, crèche, bureau : autant d’occasions de créer du lien à l’intérieur du bâtiment et/ou du quartier.

Ces petits ou grands équipements se prévoient et se discutent au sein du groupe avant d’être intégrés dans l’architecture. La gestion commune et l’entretien de ces équipements doit aussi faire l’objet d’une communication claire entre les participants, et le cas échéant fixée dans le règlement d’ordre intérieur (ROI).

Le 04 juillet 2017

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